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La Rose blanche – Die Weiße Rose

Le mouvement de résistance La Rose Blanche fut fondé au printemps 1942, à l'université de Munich, par Hans Scholl et Alexander Schmorell. Ce cercle clandestin était constitué en majorité d'universitaires attachés aux valeurs de la Liberté. Ses membres étaient influencés par le professeur Kurt Huber enseignant à l'université de Munich et ayant beaucoup d'influence sur ses élèves qu'il encourageait à résister. Kurt Huber était entré en contact avec La Rose Blanche par l'intermédiaire de ses étudiants et en était devenu le mentor. Les membres du mouvement s'exprimaient dans les Lettres de la Rose Blanche, feuillet clandestin d'opposition.

De la fin juin à la mi-juillet 1942, La Rose Blanche envoya quatre tracts par les services postiers. Ces tracts furent diffusés à des personnes choisies dont la plupart étaient des universitaires, des écrivains, des libraires et des médecins de Munich et de ses environs devant les reproduire et les envoyer à d'autres personnes. Le premier tract appelait à la résistance contre le régime nazi. Le second dénonçait l'extermination des juifs et les persécutions effectuées par le régime contre les Polonais. Le troisième appelait à faire tomber le national-socialisme. Enfin, le quatrième dénonçait la politique militariste du Führer qui faisait de nombreuses victimes.

En juillet 1942, Hans Sholl, Alexander Schmorell et Willi Graf furent incorporés dans la Wehrmacht comme étudiants en médecine. Ils furent envoyés sur le front de l'est pendant trois mois où ils servirent comme infirmiers. À leur retour, ils prirent contact avec d'autres groupes de résistance. Pendant l'hiver 42-43, les actions de La Rose Blanche atteignirent leur point culminant.

Un cinquième tract, intitulé "Appel à tous les Allemands", fut réalisé durant l'hiver 42-43. Il fut tiré à plusieurs milliers d'exemplaires et distribué non seulement à Munich mais aussi dans plusieurs autres grandes villes d'Allemagne et d'Autriche. Ce tract prônait la fin de l'impérialisme et souhaitait le fondement d'un nouvel ordre basé sur le respect des droits et des libertés. En février 1943, les réunions secrètes se multiplièrent, des tracts furent distribués, d'autres furent glissés dans des boîtes aux lettres. En l'espace de quelques jours, cette agitation déborda largement du cadre de l'université pour s'étendre en ville. Des inscriptions anti-nazies et anti-hitleriennes furent écrites sur les murs de la ville. Le central des PTT fut même saboté plongeant la ville dans le noir pendant une semaine. Le 16 février 1943, le Gauleiter de Bavière, Paul Geisler, informé de la tournure des événements que la Police locale n'arrivait pas à contenir, se rendit sur place. À l'université, principal foyer de la rébellion, il fit réunir les étudiants et les sermonna. Mais son discours déclencha un chahut monstre. Le chef SS présent à ses côtés intervint en changeant de ton et menaça. Si les troubles ne cessaient pas, les garçons seront mobilisés et les filles seront envoyées sur le front pour "distraire" les soldats du Führer. Mais ses propos furent accueillis par les cris et les huées des étudiants. C'est alors que cette foule de jeunes intrépides se rua vers la sortie, bousculant les visiteurs, afin de montrer leur mépris.

C'est ce mois-ci que Kurt Huber rédigea le sixième et dernier feuillet des Lettres de la Rose Blanche. Celui-ci abordait surtout les raisons de la défaite de Stalingrad, dénonçait les atteintes à la liberté du Parti national-socialiste et appelait à se soulever contre cette oppression. Ce tract fut tiré à plus de 2000 exemplaires. Le 18 février, Hans et Sophie Sholl déposèrent plusieurs piles de tracts dans les couloirs de l'université et lancèrent le reste par-dessus le balcon principal. Ils furent tous deux surpris par le concierge de l'université, interpellés et livrés aux autorités. Jours et nuits, Sophie et Hans Scholl furent interrogés et torturés à la prison de Stadelheim.

Le 22 février, Sophie et Hans Sholl comparurent avec Christoph Probst, un autre membre du groupe, devant le Tribunal du peuple, présidé, à l'époque, par Roland Freisler. Ils furent condamnés à mort pour trahison. Avant l'exécution, Hans et Sophie Sholl revirent une dernière fois leurs parents, Robert et Magdalene Scholl, tandis que Christoph Probst se fit baptiser par un prêtre de la prison. Ils furent ensuite décapités. Avant de mourir, Sophie Scholl dira simplement : « On ne tue pas la liberté ». Le lendemain de leur mort, des mains anonymes écriront sur les murs de la ville : "Ihr Geist lebt weiter" ("Son esprit demeure"). Alexander Schmorell, Willi Graf et le professeur Kurt Huber seront exécutés quelques mois plus tard. Les mois suivants, de nombreux autres membres du mouvement seront arrêtés et déportés. La Rose Blanche inspirera de nombreux autres mouvements de résistance.

Les tracts de la Rose Blanche :