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Le canon à ondes sonores

En 1944, le docteur Richard Wallauschek – directeur adjoint pour la recherche technique dans une station dédiée à l'origine de la recherche sur les problèmes relatifs à l'artillerie de montagne, devenue institut de recherche acoustique à Lofer, dans le Tyrol autrichien – étudie la faisabilité d'une arme émettant des ondes sonores à haute fréquence capables de causer des dommages pouvant être mortels chez les humains. Ses recherches sont subventionnées par le département de la Planification du Conseil de recherche du Reich, sous l'égide du ministre de l'Armement et de la Production de Guerre, Albert Speer.

Au cours de l'été 1944, des essais se déroulent avec toute une gamme d'explosifs. Un chien est tué à 40 mètres de distance par une onde de choc générée par l'explosion de 2000 kilos d'explosifs. Wallauschek constate que la vitesse de l'onde de détonation provoquée par l'explosion de 1 kilo de nitroglycérine passe de 2650 à 830 mètres/secondes à 10 mètres de distance. Par l'utilisation d'un miroir parabolique, il tente alors de concentrer les ondes de pression donnant ainsi naissance au « canon à ondes sonores ».

Alexandre Thers, dans un article paru dans le magazine Ligne de Front n°43, le décrit ainsi : Ce « canon » est composé de réflecteurs métalliques paraboliques de grande taille, d'un diamètre de 3,25 mètres. Ces réflecteurs sont reliés à une chambre de combustion – ou générateur de son – sous forme d'un court tube placé derrière le réflecteur. Deux injecteurs ont pour fonction d'alimenter la chambre de combustion sonore avec du méthane et de l'oxygène. Les deux composants mélangés, sont brûlés dans un cycle d'explosions continu. Chaque explosion initie la suivante et est amplifiée et projetée par le réflecteur parabolique, créant un faisceau sonore de très grande amplitude. La fréquence est de 800 à 1500 impulsions (Hz) par seconde. La longueur de la chambre fait le quart de la longueur d'onde du son dans l'air. Ce faisceau sonore, qui représente une pression supérieure à 1000 millibars à près de 50 mètres, serait – selon les estimations – capable d'endommager gravement le système nerveux d'un homme. À une telle distance, une demi-minute d'explosion serait mortelle. À un rayon plus grand (230 mètres), l'effet ne serait plus, mais resterait très douloureux, affectant la vision et rendant tout soldat inapte au combat pour longtemps. Il est prévu, pour la mise en oeuvre, que l'opérateur de l'appareil soit logé dans une cabane en bois, à l'arrière de la machine, et porte un casque de protection.

Toutefois, Wallauschek ne parvient pas à générer une concentration suffisante de pression à longue portée. En janvier 1945, le département de Planification du Conseil de recherche du Reich ordonne de mettre fin à ces expériences. À ce moment Wallauschek travaille sur un nouveau design avec des réflecteurs doubles de 2,20 mètres de diamètre. Contrairement à certaines autres recherches menées par les Allemands, aucun test réel n'a été effectué sur des êtres humains.

Ce genre d'expérimentation connaît de nos jours un regain d'intérêt notamment avec l'apparition de système utilisé contre les manifestants, émettant un son strident d'une violence insoutenable, à même de décourager tout rassemblement à proximité.